Le 27/12/11 à 14h00
Leçon de cheval !
Novembre est traditionnellement le mois du sevrage à Groboz. C'est une étape naturelle dans la vie d'un cheval, sans doute la plus importante car potentiellement la plus traumatisante. Un cheval dont les méthodes d'élevage respectent son patrimoine historique et génétique ne sera pas le même cheval que s'il avait été élevé artificiellement.
La structure sociale des chevaux libres n'est pas le fruit du hasard, elle s'est réalisée sur plusieurs millénaires. La population se compose de groupes familiaux qui rassemblent un étalon et ses juments suitées et de groupes de jeunes poulains célibataires.
Le sevrage naturel est la transition pour un cheval vers sa vie d'adulte mature sexuellement. Au delà de la nécessité pour une jument de se consacrer à la gestation en cessant sa lactation, la structure sociale s'est développée par instinct pour éviter la consanguinité.
Le sevrage naturel est décidé par l'entier, quelquefois par une jument dominante, jamais par le poulain. Dans un espace sans clôtures, les poulains et pouliches vont alors errer ensemble loin du groupe familial. Le cheval ne va alors rencontrer qu'un seul changement à la fois. Ceci est inscrit au plus profond de lui-même depuis toujours et garanti son équilibre futur.
A Groboz, nous élevons nos chevaux en semi liberté. Cette année, nous avons pu enfin anticiper comme nous le souhaitions la gestion de nos prairies. Pour la première fois, nous allons pousser l'expérience dans les conditions exactes de ce qu'il se passe à l'état naturel. Pour la première fois nous allons vivre l'aventure d'un sevrage naturel et de ses conséquences sur le comportement du cheval.
Nous allons reproduire toutes les séquences, les unes après les autres : séparation du groupe familial, privation de lait, besoin de se nourrir avec seulement de l'herbe et du foin, autonomie et hiérarchisation du groupe des poulains, intégration dans un nouveau groupe de chevaux étrangers, séparations entre frères et sœurs, découverte d'un autre environnement...
Nous laissons les poulains dans la prairie où ils sont nés, où ils ont toujours vécu, pour éviter les accidents d'un environnement qu'ils n'ont jamais côtoyé auparavant. Nous transférons leur père et leurs mères dans une prairie suffisamment éloignée pour qu'ils ne perçoivent plus la proximité.
Les premières minutes sont les plus délicates, les poulains parcourent au galop l'ensemble de leur territoire, comme ils ont pu le faire à un moment donné. Nous ne notons aucun traumatisme, dés le lendemain les poulains recherchent plus de proximité avec nous... Ce sont eux qui recherchent la collaboration qui nous sera profitable pour ce que nous leurs demanderons à l'avenir.
Deux semaines plus tard, nous transférons le groupe de pouliches des années précédentes dans leur prairie. A leur tête, Rocky, un hongre Quarter, fait le métier de tri de bétail en empêchant ses pouliches de s'approcher des jeunes poulains pendant plusieurs jours. Ce sont les jeunes poulains qui peu à peu recherchent le contact. Puis un matin, on retrouve tout le monde ensemble...
Deux semaines plus tard, nous transférons le groupe reformé dans leur prairie d'hiver. Nous rapatrions le groupe familial dans sa prairie d'origine qui côtoie celle du groupe. Et deviner ce qu'il se passe ? ... justement rien, aucun appel d'aucun poulain envers leur mère...
Il nous restera à séparer les poulains mâles. Nous les transférerons avec Rocky dans le groupe des poulains mâles des années précédentes. Nos poulains seront dans leur vie de cheval adulte, sans avoir connu aucun traumatisme.
Les rapports de confiance entre nous et les chevaux ne dépendent que du respect à ne jamais trahir leur évolution millénaire. L'éducation que nous pourrons leur donner n'aura d'égal que les succès communs qu'ils nous permettront d'obtenir...
Le 27/10/11 à 14h00
LE PREMIER QUOTIDIEN ECONOMIQUE DU MAROC
Édition N° 3638 du 2011/10/17
LE BARBE, CHEVAL MYTHIQUE OU MYTHE ÉQUIN?
PAR YASSINE JAMALI
Race emblématique d’Afrique du Nord, le cheval barbe jouit depuis l’antiquité d’une renommée exceptionnelle. Monture convoitée pour la guerre, la chasse, la course, il s’est révélé un excellent améliorateur de toutes les populations équines auxquelles il a été croisé. On retrouve des origines barbes dans presque toutes les races de chevaux de sport et dans quelques races de trait. Curieusement, cette influence est beaucoup moins revendiquée que celle du pur-sang arabe.
Standard et stud-book: Référence et état civil
Après être arrivé au bord de l’extinction, le cheval barbe amorce un rétablissement durant lequel il devra trouver une image et un débouché.
Créer ou recréer une race consiste à élaborer son standard (description des caractéristiques morphologiques). Le standard d’une race servira de référence pour décider quels individus appartiennent à cette race et lesquels sont les plus conformes au modèle idéal.
Puis vient le stud-book: il s’agit d’une sorte d’état civil où sont inscrits d’une part des chevaux choisis sur la base de leur apparence, d’autre part les poulains issus de chevaux déjà inscrits.
Un standard n’est pas une vérité immanente. Son élaboration est le fruit d’une réflexion collégiale aboutissant à un consensus, reflet des avis des corédacteurs et de l’idée qu’ils se font d’une race. Ce qui pose la question suivante: De quoi le barbe est-il le nom?
Le barbe est «une» race de chevaux d’Afrique du Nord. La description de sa morphologie et de ses qualités est restée pratiquement inchangée sur plus de 2.000 ans.
Le barbe dans l’histoire
Une des plus anciennes mentions date de 168 avant J.-C.Elle rapporte la victoire aux jeux des Panathénées, des chevaux du roi numide Mastranabal.
Un premier apport de sang barbe au cheptel anglais a lieu vers 70 après J.-C. quand l'empereur romain Septime Sévère décide dimporter des étalons barbes en Grande-Bretagne.
Près d'un siècle plus tard, Oppien décrit les chevaux de Maurétanie (actuels Maroc et Algérie) comme les plus résistants et les plus durs à l'effort de tout l'Empire romain
Plus significatif encore, M'rouou l'Qays, l'un des plus célèbres poètes antéislamiques, défie un rival dans une course où il l'affrontera sur un cheval barbe. C'est dire la valeur de ce coursier, avantageusement comparé au cheval de la péninsule Arabique. Des siècles plus tard, les arabo-andalous Ibn'el'Awwam et Ibn'Hodaïl décriront le cheval idéal en insistant sur la finesse des tissus, la qualité des membres, la longueur de l'encolure, l'aptitude à la vitesse et à l'endurance.
Solleysel et La Guérinière, grands écuyers de la cour de France aux XV
Ie et XVIIe siècles le compareront à landalou. Le barbe est décrit par eux comme plus petit, plus fin et surtout plus rapide et endurant que landalou. Son tempérament est plus froid et ses allures moins élégantes. Dès avant cette époque, le barbe et l'andalou ont commencé à diverger, l'andalou gagnant en taille et en puissance suite à des apports de sang nordique et napolitain pour satisfaire à la mode du «lourd» venue d'Italie. Ces croisements, et la fin de l'infusion de sang barbe suite à la Reconquista mèneront à ce que les auteurs espagnols Cabrera et Castejon ont appelé «le déclin de landalou». Cette évolution vers un modèle de parade nest pas sans rappeler celle du cheval de fantasia de nos jours.
En 1665, Louis XIV choisit officiellement le barbe comme seule race détalons pour la production de chevaux de selle. Cependant, le titre de gloire le plus éclatant du barbe n'est pas lié à sa descendance andalouse ni à sa production française.
L'ancêtre du pur-sang anglais
Cest en Angleterre, au XVIIe siècle, que le barbe connaît son apogée. Depuis lAntiquité, des reproducteurs d'Afrique du Nord ont, à de multiples reprises, contribué à améliorer le cheptel britannique.
Vers le XIIe siècle, les courses de chevaux deviennent un sport extrêmement populaire, qui sera réglementé en 1603. Dès lors, les chevaux du Maghreb et du Machreq seront recherchés pour produire des chevaux de course. Des missions sont envoyées en Arabie, en Turquie et au Maghreb pour constituer deux noyaux les Royal Mares et les Barb Mares.
Ainsi, Sidney, un auteur anglais, a pu dire que le barbe avait fait le pur-sang anglais autant que l'arabe. Le colonel Eblé, du Cadre Noir, a trouvé autant de barbes que d'arabes dans le pedigree d'Eclipse, légendaire pur-sang anglais. Les Anglais avaient en cela suivi l'avis du Duc de Newcastle qui écrivait en 1667: «
aussi je vous conseille le barbe qui, à mon avis, est le meilleur pour faire des chevaux de course et de vitesse».
Ces citations et descriptions du cheval barbe dessinent de manière unanime le même modèle: plutôt petit, fin, rapide, très endurant, les membres secs, un tempérament plutôt froid: cest un coureur de demi-fond.
L'éclipse du barbe
Puis viendront les XVIIIe et XIXe siècles, la sélection méthodique de toutes les espèces domestiques en Europe, et la stagnation ou le déclin de la rive sud de la Méditerranée et de son cheptel. On ne parlera plus du barbe que pour sa rusticité. La guerre de Crimée puis la Première Guerre mondiale (bataille dUskub) le remettront brièvement à l'honneur dans le microcosme des cavaliers militaires.
Au XXe siècle, la modernité bouleversera les sociétés maghrébines et le rôle du cheval sen ressentira. De monture utilitaire pour la guerre, la razzia, le voyage, il deviendra au mieux une monture de prestige, au pire un cheval de carriole.
Le cavalier n'a plus besoin d'un athlète. Il veut simplement montrer sa richesse. Pour cela, il doit posséder un cheval grand, presque obèse.
Les photos datant de la fin du XIXe début XXe siècle montrent un cheval totalement différent du cheval de fantasia d'aujourdhui. On est passé d'une hauteur de 1,5 mau garrot à 1,6 ou 1,7 m, le gain de poids est à l'avenant. Les membres se sont empâtés. On est passé dun marathonien à un sumotori en une cinquantaine dannées. Par quels moyens?
L'alimentation? Elle a joué un rôle. La disponibilité alimentaire n'a cessé de s'améliorer, permettant un véritable «gavage» du cheval de fantasia. Au régime orge-paille-foin se sont ajoutés la pulpe de betterave, le blé, le tourteau de soja, l'ensilage
). La sélection des reproducteurs a également joué un rôle.
Mais l'alimentation et la sélection ne peuvent à elles seules expliquer de tels changements. Un autre facteur est intervenu: le croisement avec des races étrangères, dont des races de trait. C'est ce qui explique que l'on rencontre aujourdhui des chevaux de fantasia présentant des membres et des encolures typiques du Percheron.
Les étalons de trait breton ont également été largement utilisés. D'autres chevaux, espagnols, portugais, frisons, ont participé à cette diversité.
Le cheval de fantasia, une nouvelle race
Ces croisements ne sont pas répréhensibles. Nombre de races sont nées de tels melting-pots, anarchiques au début, puis progressivement harmonisés et codifiés.
Le cheval de fantasia correspond à un besoin, à un marché, qui l'ont créé empiriquement et une nouvelle race équine est en train de naître. La question qui se pose est celle de son identité.
Le cheval de fantasia n'étant pas un barbe, quel nom donner à ces superbes colosses? Régulièrement, lors de procédures d'Inscription à titre initial se produit un dilemme: quelques spécimens présentés sont inclassables. La commission peut leur attribuer soit une carte de barbe ou darabe-barbe (et procéder à une Inscription à titre initial dans le stud-book) soit délivrer une carte de RNC ou race non connue. Or la carte de RNC est mal acceptée par les propriétaires qui souhaiteraient un statut correspondant à la valeur marchande élevée de leur cheval et à son prestige dans le milieu des aficionados de la fantasia.
Lalternative est donc simple et insoluble:
• Soit inscrire comme barbe un cheval qui ne lest pas.
• Soit refouler un magnifique cheval de fantasia dans le ghetto des RNC, ce qui est inacceptable pour son propriétaire.
Il est possible de créer une troisième voie pour sortir de limpasse.
Ce serait l'élaboration d'un nouveau standard et l'ouverture d'un nouveau stud-book pour entériner un fait accompli: la création dune nouvelle race qui s'appellerait le cheval de fantasia (ou de t'bourida) marocain ou autre dénomination à déterminer.
Ainsi le cheval de fantasia pourrait continuer à s'épanouir conformément aux goûts en vigueur dans cette discipline et le «vrai» barbe pourrait revenir à son petit format authentique et à sa vocation de toujours: l'endurance.
Vocation et avenir du barbe
Les résultats plus qu'honorables du barbe en course d'endurance confirment sa réputation. Il y a l'à une opportunité pour des milliers de chevaux barbes ou arabes-barbes, qui se trouvent aujourd'hui non pas sur les terrains de fantasia, mais entre les brancards des charrettes urbaines et rurales.
C'est à partir de ces chevaux, appelés péjorativement «keïdars» que l'on pourra recréer la race barbe autour de sa vocation première: la course dendurance.
La fonction crée l'organe. Elle crée aussi les races. Le barbe a été créé par la chasse, la course, et la guerre de mouvement. Il est en train de disparaître, suite à la disparition de ces «fonctions». Simultanément une autre race équine est en train de naître, créée exclusivement par et pour la fantasia.
Elle n'a qu'un très lointain rapport avec le barbe. Pour leur bien, ces deux races doivent être nettement distinguées et séparées, sur des bases scientifiques et historiques pour que chacune puisse se développer dans son propre espace, suivant sa propre vocation.

Le Sahel, un autre berceau de race
Le barbe et ses proches descendants ne se trouvent pas exclusivement dans le berceau de race nord-africain ou, sous une forme agrandie et étoffée, sur la rive nord de la Méditerranée. En effet, si les échanges et conflits trans-méditerranéens ont largement contribué au rayonnement du barbe, il ne faut pas oublier les échanges transsahariens, non moins importants. Ils établissent lancrage africain du barbe et expliquent la présence au Mali, en Mauritanie, au Niger, de populations équines répertoriées par les vétérinaires de l'ex-Soudan français comme barbes du Sahel et Barbes Dongolaws. Les conditions assez extrêmes de la rive sud du Sahara ont conservé au barbe sahélien son petit format et ses qualités en le maintenant pur de tout mélange avec les races européennes que le XXe siècle a diffusées au Maghreb. De ce fait, l'étude des marqueurs génétiques du cheval barbe entamée au Maroc mériterait pour être complète de s'intéresser à ces quelques milliers d'individus précieusement conservés par les tribus soninkés, maures, haoussas, Toubous
Cette population représente un réservoir de gènes pour la régénérescence du cheval barbe. L'importation de quelques reproducteurs du Sahel au Maroc, moyennant le respect de la réglementation sanitaire en vigueur, serait l'équivalent d'un voyage vers le XVIIIe siècle, aux racines du barbe.
Le 27/08/11 à 14h00
Camargue !
On peut comprendre que le désir légitime de confort et de sécurité nous pousse à une pratique du cheval conforme à ce que propose la consommation de loisirs. Pour autant nous devons conserver un potentiel d'évolution du cheval par lui-même et garantir aux générations futures la possibilité de faire des choix différents des nôtres. Quels enjeux pour demain ? Le Postface de Jean Jalbert, (DG de la Tour du Valat) « La Camargue au fil du temps » peut-être un début de réponse :
Depuis un siècle et demi, avec l'avènement de la technologie comme recours à tous ses problèmes, l'Homo Camarguensis, être conquérant et opiniâtre, a enfin réalisé son rêve millénaire : maîtriser ce territoire rétif, s'affranchir des contraintes eau, sel, climat-qui s'opposaient jusque là à la « mise en valeur » de la Camargue.
Mais ce faisant, il a oublié que la richesse d'un delta vient précisément de sa dynamique, des flux qui le traversent. Flux d'eau douce et de sédiments, flux d'eau salée, flux biologiques, flux humains... Une Camargue coupée du Rhône et de la mer, ses deux géniteurs, serait un territoire en sursis. Une gestion « fixiste » d'un delta est une gestion perdante à terme.
A une plus vaste échelle, celle de la planète, l'humanité a touché à quelque chose qui n'est pas de l'ordre de l'humain, mais des grands équilibres naturels. Quelque chose qui la dépasse et qui lui échappe. Des changements de fond sont à l'oeuvre, profonds et rapides à la fois : changements climatiques et leurs conséquences sur la hausse du niveau des mers, 6ème crise d'extinction de la biodiversité.
La Camargue, extraordinaire foyer de biodiversité au ras de l'eau, est concernée au premier chef par ces changements. Il n'y a plus de place pour le doute. La seule inconnue est la rapidité et l'ampleur des phénomènes en cours et leurs effets à terme.
Il ne s'agit pas de jouer les cassandre, mais d'analyser lucidement les processus à l'oeuvre et de prendre acte du changement de cap qui s'impose à nous, de gré ou de force. Autant, dès lors, que ce soit de gré. Il faut alors anticiper, accompagner ces changements plutôt que les subir.
Et pour cela la Camargue a de nombreux atouts, tout particulièrement si on la compare aux autres deltas méditerranéens :
- A l'opposé du delta de l'Ebre (Espagne), à vocation rizicole quasi unique, elle a conservé une grande diversité de milieux, naturels, agricoles, ou aménagés à des fins touristiques ou cynégétiques, qui forment une mosaïque diverse et assez équilibrée, facteur de résilience, de plasticité face aux changements ;
- A l'inverse du delta du Nil (Egypte) très densément peuplé, la Camargue est « vide », avec en particulier de vastes ensembles naturels, sans enjeu humain ou économique, sur une grande portion du littoral et au centre du delta ;
- A la différence du delta du Po (Italie) qui a « sombré » par endroits de plus de 3,5 mètres sous l'effet de pompage de méthane et d'eau en sous-sol, elle est toujours « à flots » ;
- A l'inverse de la plupart des fleuves (Nil, Ebre, Gediz, Axios), dont la puissance passée a permis d'édifier les deltas, mais qui ne déversent plus en mer qu'une eau rare et dépourvue de sédiments, le Rhône a conservé son débit. Une partie des sédiments retenus dans les barrages du bassin versant pourraient être remobilisés.
Mais ces atouts ne pourront apporter des solutions face aux défis à venir, qu'à la condition que nous sachions porter un autre regard sur la relation que l'Homme doit entretenir avec la Nature, que nous changions radicalement notre approche. Il faut tordre le coup au mythe du « zéro risque », accepter de vivre avec l'aléa. Il faut renoncer à toujours conquérir et apprendre à lâcher parfois, à rendre des portions de territoire à la nature, à restituer un espace de liberté au Rhône et à la mer. Il faut réserver les interventions lourdes et extrêmement coûteuses à la seule protection des zones à fort enjeu humain et/ou économique. Il faut recréer des continuités écologiques sur un territoire morcelé.
L'enjeu n'est pas de conserver une activité à un endroit donné, pas plus qu'il n'est de conserver telle espèce ou tel habitat naturel. L'enjeu majeur consiste à conserver un potentiel d'évolution, d'adaptation du milieu et des communautés qui y vivent, qu'elles soient végétales, animales ou humaines, face à cet environnement changeant.
Une telle évolution de notre mode de pensée et d'action ne pourra se faire qu'à partir d'un partage des connaissances, d'un échange des points de vue et d'un dialogue permanent entre tous les acteurs du territoire.
Le 27/06/11 à 14h00
Cheval miroir !
Ce soir, il y a deux sentiments au goût amer qui se percutent… Nous avons perdu une pouliche de trois jours et nous devons assumer notre choix d’élevage.
Il y a plusieurs moyens d’exprimer son amour du cheval : L’acharnement à sauver une vie en est un, accepter la mort dans certaines circonstances en est un autre.
Dans le premier cas, notre acharnement certes admirable, aura malheureusement des conséquences irréversibles sur l’évolution de l’espèce.
Dans le deuxième cas, nous n’intervenons que sur l’accident « causé par l’intervention de l’homme » et excluons toute intervention sur l’accident « du parcours naturel de la vie d’un cheval ».
A Groboz, nous élevons nos chevaux en semi liberté avec le souci constant de ne pas interférer dans leur capacité naturelle à se développer durablement. Nous établissons des protocoles.
Pour les naissances, nous n’intervenons que dans le cas de risque d’infection de la jument qui n’a pas délivré de son placenta par elle-même. Cet accident n’est pas héréditaire.
« Il est une légende qui raconte que l’enfant dans le ventre de sa mère connait tout du mystère de la création, de l’origine du monde jusqu’à la fin des temps ».
Trois jours avant le drame, nous avons dérogé aux protocoles, par affection ou par faiblesse. Nous avons qualifié d’accident causé par l’intervention de l’homme, ce qui à la base était un problème de naissance d’un poulain trop fragile.
La veille, dans le groupe d’élevage, nous avions introduit une nouvelle jument pour la reproduction. Cette situation peut se produire dans le parcours naturel du cheval.
Nous n’avons pas voulu voir qu’un poulain doit être capable de surmonter certains dérèglements dans la gestation et la lactation de sa mère. Nous avons décidé d’aider la pouliche en la faisant téter toutes les deux heures pendant deux jours et une nuit.
Et pour aller au bout, nous avons finit par mettre la pouliche sous perfusion. Pour finir, nous avons fait machine arrière et débranché la poche au bout d’une journée…
Ce soir, non seulement nous devons accuser le coup d’avoir perdu une pouliche, nous devons surtout remettre en cause notre assiduité à accepter la mort dans certaines circonstances. Ce soir le cheval est notre miroir…
Le 27/04/11 à 14h00
Cheval au naturel !
En 1915, lors de la première guerre mondiale, les sud Africains contraignent la colonie Allemande du Sud-ouest Africain, à relâcher dans la nature les quelques 200 chevaux utilisés dans les mines de diamants.
«Crinière au vent, une âme indomptable » Film de Jean-Jacques Annaud – 2001.
En 1991, Jacqueline Ripart a recensé 276 chevaux dans le désert de Namibie, chevaux répartis en 49 familles de 2 à 11 individus.
« Ma vie avec les chevaux du bout du monde : La véritable histoire des chevaux du désert Namibien » par Jacqueline Ripart - Editions Favre.
Depuis des millénaires, le comportement du cheval est dicté par des codes inscrits à jamais dans son patrimoine génétique. Pour élever cet être magnifique, deux choix s’offrent à nous : lutter par ignorance et tenter de le façonner à l’image que l’on s’en fait, ou observer et comprendre pour composer avec lui.
A l’état naturel, nous rencontrons deux types de familles de chevaux : les harems (un entier et des juments la plupart du temps suitées de leurs poulains non sevrés) et les groupes de jeunes chevaux males, les pouliches sevrées sont reprises dans un autre harem que celui dans lequel elles sont nées.
Cette observation est utile pour un éleveur. Elle va lui servir pour le sevrage, la contention et l’apprentissage du cheval à sa vie future. Si vous lisez cette colonne tout au long de l’année, vous comprendrez pourquoi à Groboz, on élève nos chevaux en composant avec cette observation de base.
Plus fascinant encore, l’expérience de Jacqueline Ripart tente de répondre à une question existentielle. Comment évolue la population de chevaux sur près d’un siècle ?
Et bien… elle n’évolue pas ! L’effectif reste constant… Cela signifie-t-il que nous sommes en présence de la seule espèce animale qui régule ses naissances ?
Pourquoi l’homme veut-il tant façonner les chevaux ? Serions-nous tellement supérieurs ? Ils ont gagné leur liberté au prix d’une incessante lutte pour la survie, rien qu’à ce titre, méritent-ils d’être une nouvelle fois asservis ?
Leur âme curieuse les pousse à s’approcher de l’homme. Avec quelques récompenses gourmandes il sera facile de les apprivoiser, de créer avec eux un rapport de séduction, de domination. Est-ce-utile ?
Pourtant nous ne saurons jamais plus si l’effectif des chevaux de Namibie restera constant et si le cheval est la seule espèce animale qui régule ses naissances.
En effet, en 1993, ce prodigieux laboratoire a été ruiné quand l’homme a décidé de jouer les apprentis sorciers et d’y prélever 100 individus…
En 1994, les autorités recensaient 135 chevaux… En 1995, puis en 1998, ces mêmes autorités donnaient l’ordre de fournir du foin pendant 2 mois…
Sauvages, civilisés, si la distinction est très claire chez les chevaux, elle ne l’est pas toujours chez les humains…
Le 27/02/11 à 14h00
Festival de Groboz !
Nous sommes tous victimes d’une société qui fait de l’éphémère un style de vie. Plus tard, nos enfants mesureront sans doute que le changement n’est pas une fin en soi, mais un moyen de donner un sens à sa vie.
La raison d’être des associations de traditions équestres est de transmettre ces traditions aux générations futures. Associations sans les quelles le festival n’aurait jamais vu le jour. Ces associations ne font pas exception à la règle.
L’histoire d’amour entre le cheval et l’homme a cela de particulier qu’elle a un parfum d’éternité. C’est la raison pour laquelle la vocation du festival qui l’a met en scène est de durer !
Lors du premier conseil d’administration de l’année, nous avons convié exceptionnellement les présidents des associations partenaires. Nous avons amèrement constaté la fragilité de notre rêve…
C’est à tout cela que je pense quant je sillonne les rues de Bourg. Il y a quelques jours, j’ai décroché mon téléphone comme on envoie une bouteille à la mer. Un rendez-vous a été pris pour ce soir à la mairie. Christophe doit me rejoindre, la première bonne surprise arrive quant j’aperçois de l’autre coté de la rue, Carol qui l’accompagne.
Une fois autour de la table, nous négligeons le moment de curiosité bien séante… Chacun semble pressé d’aller à l’essentiel.
Le délégué à la culture nous indique qu’il connait notre manifestation et enchaine aussitôt :
- Je vous demande simplement une fiche technique de votre manifestation, nous avons quatre sites à vous proposer : le parc, le champ de foire, Ainterexpo, …
- l’arrière de Brou !
Christophe prononce ces mots en même temps que Guillaume Lacroix, comme si l’aventure avait déjà commencé entre ces deux là !
Le 27/12/10 à 14h00
Sevrage !
Il y a un mois, dans cette même colonne, nous expérimentions les changements d'environnements et notre erreur de vouloir opérer plusieurs changements simultanément. Nous avons planifié en plusieurs séquences le cheminement vers une intégration totale des poulains mâles de l'année avec ceux des années précédentes.
Le râtelier se trouve sur Pirajoux, ce qui signifie que pour y mettre le foin, nous devons traverser la prairie. Les poulains âgés ne loupent jamais le rendez-vous, ils nous attendent et nous accompagnent sur une bonne partie du chemin.
Ce matin, j’ai assisté à une scène qui en dit long sur la rapidité d’adaptation du cheval. Deux poulains de l’année se sont laissés piégés et n’ont pas vu le train se former et se diriger en direction du râtelier. Le temps de couper les ficelles d'une botte de foin et nous voyons arriver au galop, Akoum et Amalu.
Ils n’ont pas hésité, leur instinct grégaire les a poussé à rejoindre au plus vite leur groupe qui un mois après et sans ambigüité aucune celui des poulains mâles. Ils n’ont jamais marqué d’hésitation, même quand leur course les a conduit à longer le groupe familial avec leurs mères à quelques dizaines de mètres de la clôture.
Le 27/11/10 à 14h00
Sevrage et leçon de cheval !
Novembre est le mois du sevrage à Groboz. Le sevrage est une étape naturelle dans la vie d'un cheval, mais il induit toujours une crise physiologique et psychologique qui sera d'autant mieux tolérée que le sevrage aura été bien préparé. A Groboz, nos méthodes d'élevage sont inspirées de l'observation du cheval dans son environnement naturel.
La structure sociale des chevaux libres se caractérise par des relations durables entre étalons et juments. La population se compose de groupes familiaux qui rassemblent un étalon avec ses juments et leurs poulains et de groupes de jeunes étalons célibataires. Les poulains et pouliches qui naissent dans un groupe familial y restent jusqu’à leur maturité sexuelle. Ils ont ainsi l'occasion de créer des liens sociaux.
La rivalité qui s'installe avec la maturité sexuelle, ne fait pas de place aux chances des poulains mâles de prendre l'ascendant sur leur père. Les poulains vont alors migrer ensembles, loin du groupe familial. Les poulains males reconstituent un groupe de jeunes étalons célibataires. Les jeunes juments sont intégrées dans un autre groupe familial déjà existant.
Ainsi, par ce départ du groupe de naissance au moment où les jeunes chevaux sont physiologiquement aptes à la reproduction, les accouplements incestueux sont évités. Et ils le sont à long terme ! En effet, les chevaux gardent en mémoire l'identité des congénères qu'ils ont côtoyés plusieurs années.
Habituellement, nous laissons les poulains dans la prairie d'élevage et ce sont les juments et l'étalon qui sont transférés momentanément dans une autre prairie. Nous reconstituons le groupe d'élevage un mois après, pendant trois mois. En effet, le poulain est alors sevré mais il continue sont apprentissage de la vie du groupe tel qu'on le trouve à l'état naturel.
Cette année, nous n’avons eu que des poulains males. La vente de la prairie que nous avons exploitée en foin n’a toujours pas été réalisée. Ce contre temps, nous a contraint pour la première fois à modifier notre méthode de sevrage : Ce sont les poulains qui vont être extraits du groupe d’élevage qu’ils ne rejoindront plus, mais intègreront le groupe des poulains célibataires de l’année précédente.
Première étape : obtenir le tarissement des juments et éviter ainsi qu’elles n’appellent leur poulain, pour cela nous isolons les poulains dans une stabulation durant deux semaines.
Deuxième étape : Introduire les poulains dans le groupe des étalons célibataires, pour cela nous utilisons un lieu sécurisé, la carrière, et isolons le groupe familial hors du champ de vision des poulains.
Troisième étape : Nous commettons l’erreur de réaliser trois étapes d’un coup ! Nous libérons trop tôt les deux lots de poulains qui n’ont pas eu le temps de prendre leur place dans la hiérarchie du groupe et ceci dans une nouvelle prairie pour les plus jeunes. Et pour en rajouter, comme si çà ne suffisait pas, nous libérons le groupe familial sur l’autre prairie séparée par deux clôtures espacées de deux mètres.
Une charge d’un poulain plus âgé, la vision des juments et un angle de clôture inhabituel, çà fait beaucoup. Les poulains de l’année défoncent la clôture, les fusibles libèrent les cordelettes et tout est à recommencer…
Cette fois, nous séparons la prairie du groupe des jeunes étalons célibataires en deux pour une semaine, les poulains de l’année d’un coté, les poulains de l’année précédente de l’autre. Nous tirons une clôture provisoire dans la prairie du groupe familial pour l’éloigner des poulains durant un mois.
Dans la nature, les changements d’environnement ne sont jamais simultanés. Il y a une règle d’or avec les chevaux : ne jamais opérer deux changements en même temps. Les contraintes de la vie nous poussent à l’ignorer, les chevaux nous la rappellent. Qui est-ce qui éduque l’autre ? Je ne sais pas, par contre je sais que le cheval est notre miroir…
Le 27/10/10 à 14h00
Festival de Groboz !
Je m’affale dans le canapé au coin du feu. Mes pensées se mélangent. D’un coté, j’ai toujours su que le plus important serait de faire durer ce festival !
Il y a quelques semaines, plusieurs voix parmi-nous se sont élevées pour souhaiter donner un statut au festival de Groboz. Et là, se trouve l’opportunité de le transmettre aux prochaines générations.
Pourtant, cette idée n’arrive pas à me rassurer ! Combien de projets enthousiastes se sont vidés de leur substance après être devenus des associations ? Pourquoi ?
Il est tentant alors de protéger nos activités en les laissant aux mains de ceux qui les rêvent, les aiment et les portent sans autre motivation que de partager et transmettre leurs passions.
Donc ce soir, nous avons rendez-vous pour rédiger les statuts. Une idée attrayante me vient à l’esprit ! Nous allons chacun nous poser la même question : Qu’est-ce-qui nous a séduit dans l’idée du festival des équitations du monde ?
Même si nous avons tous en commun l’amour du cheval et la conviction qu’il ne prend pas la mesure qu’il mérite, c’est avant tout par le manque de développement de sa dimension culturelle…
Cinq raisons vont revenir, toutes différentes et toutes ambitieuses :
- Témoigner du lien qui unit l’homme et le cheval depuis toujours.
- Créer du rêve et de l’émerveillement et non meubler son temps.
- Offrir un voyage dans l’histoire des peuples cavaliers.
- Assurer l’avenir du cheval en donnant du sens à son existence.
- Apporter des alternatives aux enjeux de société par le brassage culturel.
Aujourd’hui ! Je repense à tous ces moments que nous avons connu depuis trois ans. Ces moments privilégiés qui nous ont notamment amené à considérer le public comme partie prenante du spectacle, en créant l’émotion qui fait cruellement défaut la plupart du temps et qui pourtant redonne le goût de s’investir au lieu de juste consommer…
Le 27/09/10 à 14h00
Peuple cavalier !
Condamné à l’époque soviétique par les zootechniciens venus de Moscou, le cheval des nomades kirghiz, tant vanté dans l’épopée, le mythe, les chants et les livres d'histoire, était en voie de disparition.
Les traditions associées à ce cheval étaient en train de s'éteindre et les courses qui accompagnaient autrefois les grandes fêtes kirghizes étaient sur le point de sombrer dans l’oubli.
La volonté de ce peuple cavalier a ne pas perdre un tel patrimoine a permis de sauvegarder et de réhabiliter le cheval kirghiz, tout en redonnant vie aux traditions et au savoir-faire qui lui sont intimement liés.
Au début de l’année encore, ce cheval semblait avoir retrouvé sa place et son rôle dans le renouveau actuel de la culture kirghize, le développement de l'élevage et l'essor du l'écotourisme.
L’organisation de la troisième édition du festival des équitations du monde, fût l’occasion d’entrer en contact avec ce peuple cavalier digne héritier de toutes les valeurs qui unissent l’homme et le cheval depuis 5000 ans.
N'oublions pas que cette nouvelle république démocratique a subi soixante-dix ans de régime soviétique : le passage à l'économie de marché se fait difficilement, surtout pour les populations éloignées des centres de décisions et des carrefours commerciaux.
La situation aujourd'hui
Plusieurs meurtres de journalistes et d'opposants ont défrayé la chronique et provoqué les protestations de l'Union européenne. Si le Kirghizstan reste pour le moment plus ouvert que ses voisins, comme l'Ouzbékistan, qui dérive depuis des années vers la dictature policière, ou le Turkménistan qui n'en est jamais sorti, il connaît donc actuellement une dégradation rapide du climat politique. Il reste classé régulièrement parmi les pays les plus corrompus du monde.
Le 7 avril 2010, des centaines d'opposants ont assiégé le Parlement situé à proximité de la résidence présidentielle. Le premier ministre, Daniar Oussenov, déclare l'état d'urgence et un couvre-feu est mis en place.
Le pouvoir est tombé après que des centaines de manifestants ont pris d’assaut le Parlement et le siège de la présidence à Bichkek, lors d’affrontements qui ont fait au moins 75 morts et 500 blessés.
Le 16 avril 2010, Kourmanbek Bakiev, président déchu en exil au Kazakhstan, a officiellement démissionné dans une lettre télécopiée adressée aux nouveaux dirigeants du pays.
Depuis, tout contact téléphonique ou internet est impossible…
Le 5 septembre 2010, pendant que nous mettons en lumière le cheval, un des peuples qui lui voue le plus d’attention se bat pour vivre libre ! C’est à ce peuple cavalier que la troisième édition du festival de Groboz est dédiée…
Le 10/08/10 à 14h00
Camargue !
"On file à Lansargues ! Vous venez ?"
Nadine n'attend pas la réponse des filles pour comprendre que la plage à plus d'attraits que la Bandido. Il faut dire que trois serviettes plus loin, il y a tout un groupe de garçons de leur âge...Mathieu et Martin profitent de l'aubaine pour nous proposer de nous évader tous les deux.
Cette situation nous fait sourire, çà me ramène quarante ans en arrière : Nos parents avaient déjà ce désir de vouloir donner un sens à notre existence, même pendant les vacances. Bien que çà ne collait pas toujours avec nos plans, nous savions déjà que çà enrichirait l'ensemble de notre vie.
On fait un crochet par l'appartement, juste le temps de prendre une douche et de retrouver Julie et Alexis. La circulation est encombrée jusqu'à Lunel. L'arrière pays n'a à priori aucun attrait particulier. L'urbanisation y est galopante, comme ailleurs. Les lotissements fleurissent avec leurs mûrs de deux mètres de haut.
Pourtant au premier rond point, il y a déjà une bande. Pour le bonheur du préfet de l'Hérault, le pick up blanc a remplacé la voiture multicolore et pas toujours conduite par un conducteur majeur... Nous sommes heureux de constater que notre boulimie sécuritaire n'a pas tué l'essentiel de cette tradition.
Les bandes de filles et garçons qui se constituent dans chaque village, sillonnent les fêtes votives de la région au rythme des jeux. Depuis toujours, le bandido consiste à faire échapper un des veaux que la manade ramène aux prés. On ne connait pas l'origine de ce jeux, peut être une rivalité pour la conquête du cœur d'une femme...
Si cette histoire d'amour a existé, leurs auteurs lui auront donné une autre dimension que celle que l'on peut vivre sur la plage de la grande motte...
Quelques minutes avant que la manade traverse le rond point, les regards changent, l'atmosphère devient celle dont on sait qu'elle traversera les années, celle dont on sait qu'elle pourrait briser les mûrs de deux mètres de haut...
Le 27/07/10 à 14h00
Festival de Groboz !
L'été est la saison des festivals, les propositions sont nombreuses et se noient dans le marché lucratif du tourisme et des loisirs...
«Il y a des oe?uvres qui font passer le temps, et d?autres qui expliquent le temps.»
«La culture ne doit pas être accessible à tous, elle doit être l'oe?uvre de chacun.» André Malraux
Aujourd'hui nos consciences sont malmenées par le commerce de l'ennui !
Que pourrions nous faire cette année de différent, juste pour essayer ?
A Groboz, le festival des équitations du monde ne sera pas un spectacle en plus. Ce sera un regard différent sur le temps où chacun à sa manière aidera le passé à inventer l'avenir.
Le 27/06/10 à 14h00
Musiques du monde - Maroc !
Nous ne reviendrons jamais en arrière, Dieu merci, mais nous devons changer notre regard, notre conscience pour vivre mieux.
Les évènements que nous aurons su créer, attesteront de la multiplicité des peuples, qui continuent, partout à travers le monde, de vivre et de vibrer à travers leurs cultures.
Un de ces évènements là va se tenir le 03 juillet à Cuisiat, au musée départemental du Revermont.
Patrimoine immatériel, les musiques de tradition sont reconnues aujourd?hui comme un des éléments qui constitue la diversité des expressions culturelles.
Dans l?Ain, si Bresse et Revermont sont riches d?un héritage musical collecté et réinvesti tant par les groupes folkloriques que par les musiciens de l?autre bout du monde.
Les populations issues de l?immigration portent, elles aussi, des mémoires musicales, vecteur d?échange, d?identité et de reconnaissance.
Les nombreux instruments portés par les musiciens et leurs répertoires, les partitions, les témoignages sonores et audio-visuels rendent compte de la richesse de ces musiques, de leur statut et mode de transmission, du rôle des musiciens et leur évolution.
Ils viennent d?un petit village « M?hamid el Ghizlane », le dernier avant le désert situé dans le grnad Sud marocain, au sud de Ouarzazate. Leur terre était carrefour de caravanes et de marchandises mais les affres de la sécheresse ont changé le cours de l?histoire et les nomades ont été contraints de se sédentariser.
Quatre jeunes musiciens continuent de transmettre les sources de sagesse portées par leurs ancêtres. Elles sont le reflet des choses de la vie et du désert dans un dialecte « hassani ». Leur pari : conjuguer passé, tradition, authenticité des poèmes hassani avec la modernité. Le bivouac du Revermont est là pour accueillir cette facette remarquable du patrimoine musical mondial.
L'édition 2010 du festival de Groboz doit hasard de la programmation, nous conduire aux portes du désert marocain. La similitude avec nos chevaux des « équitations du monde » ne s'arrête pas là ! Sans partage, on reste figé sur l?image, Il n'y a pas la vérité du coeur
Musée départemental du Revermont - Cuisiat
Samedi 3 juillet à 18 heures
Projet de coopération et de solidarité internationale soutenu par le conseil général de l''Ain et le ministère de la cohésion sociale.
Le 27/04/10 à 14h00
Leçon de cheval !
Farida a pouliné cette nuit et nous avons tout de suite remarqué qu'elle n?avait pas délivré ! En fin de matinée, nous décidons d'intervenir?
La veille nous la manipulions aisément, aujourd?hui la prendre au licol ne sera pas si simple. Farida nous interdit de s'approcher d'elle et donc de son poulain.
Dans la nature, le cheval est gouverné par ses instincts qui s'ordonnent les uns par rapport aux autres en fonction de la situation.
En temps normal, on retrouve dans l'ordre :
Chercher à se regrouper avec d'autres congénères pour se mettre sous la protection du groupe, puis se nourrir (ainsi vous verrez un cheval préférer quitter un râtelier pour suivre les autres qui ont mangé avant lui), puis protéger sa progéniture.
Le jour du poulinage et tant que le poulain est trop faible, l'ordre s'inverse :
La protection de sa progéniture prend le pas sur le besoin de se nourrir qui prend le pas sur l'instinct grégaire (ainsi vous verrez souvent une jument et son jeune poulain à l?écart du reste du groupe).
C'est en observant puis en adoptant son fonctionnement que l'homme peut aller plus loin dans sa relation avec le cheval.
Le 27/03/10 à 14h00
Séparation !
Aujourd'hui on vend Taous et Tarik ! Après trois ans de vie commune et des tas d'expériences partagées, ils nous quittent comme des enfants quittent leurs parents...
C'est vrai qu'ils ne partent pas pour l'inconnu, leurs nouveaux propriétaires partagent notre vision du cheval. D'ailleurs sommes nous propriétaires de nos chevaux ?
Et puis 2009 a été une année noire pour la vente. Nous avions d'ailleurs contacter d'autres éleveurs en février, histoire de se rassurer mutuellement et puis tout s'est accélérer avec des propositions.
Ces deux réflexions contribuent à rendre la séparation plus facile.
Les chevaux n'y sont pour rien. Une fois de plus, c'est une histoire d'hommes...
Le 27/01/10 à 14h00
Leçon de cheval !
Il n?y a pas un jour où je ne vais pas me planter devant ce foutu râtelier. Je ne trouve aucune explication pour comprendre l'?accident !
Comment as tu fait pour te coincer dans ce trou moins large que toi, petite Vadia ?
Nous savions que tu n'?étais pas dans le bon groupe de chevaux.
Le 27 novembre dans cette même colonne, nous évoquions la tentative avortée de réintroduction dans le groupe familial, là où tu aurais du naturellement te trouver naturellement ce terrible jour de l?an.
Nous avions observé chez toi une incroyable confiance en l?homme, mais aussi une incroyable insouciance face à tes congénères.
Es-tu resté plus longtemps au râtelier alors que tu devais céder ta place, jusqu?au moment où tu as paniqué et tenter de sauter par-dessus ce mûr infranchissable.
Le 27 avril, Nadine disait dans cette même colonne: « Vadia est née par moins dix degré dans des conditions naturelles qui ne l?auraient pas permis. Nous aurions accepté que Vadia ne survive pas ».
Ton histoire est cruelle, car elle nous rappelle que la vie ne s?encombre pas de notre sensibilité.
Vadia ! tu étais le plus attachant des poulains que nous n'ayons jamais eu, aussi sans doute par ton histoire unique qui t?a rapproché plus de l'?homme et éloigné plus de tes congénères.
Ton histoire est cruelle, car elle nous pose cette question: Aurons nous le courage de continuer, si la condition est de s'endurcir pour supporter une telle désillusion ?
Nous avons acquis la conviction de l'importance des chevaux dans nos vies.
Nos enfants connaissent le prix à payer de notre passion. C'est leur regard sur nos choix qui nous pousse à continuer ...
Le 27/12/09 à 14h00
Leçon de cheval !
Marion avait renoncé à venir. « Pour une fois ! », avait-elle dit. Nous avions regagné Groboz au milieu de l'après-midi. La maison était déserte. Cette fois, c'était Edmond qui nous avait laissé un petit mot.
Le temps de nous changer et nous rejoignons les poulains. C'est une bonne occasion de les observer dans leur milieu naturel sous quinze centimètres de neige.
Devant les râteliers, il y a un cheval impatient ! Rocky, un quarter qui n'avait vécu qu'en box avant de venir chez nous. Les poulains, quant à eux, s'affairent le long des haies, dans un équilibre palpable.
Les chevaux ne sont pas si différents de nous. Ils appréhendent la contrainte où la soumission, encore plus l'enfermement. Ils recherchent un idéal de bien être, pourtant raisonnable.
Le cheval est conçu pour vivre dans un milieu ouvert et se déplacer en permanence pour satisfaire les quatre fonctions vitales : la sauvegarde, les relations sociales, la subsistance et la récupération.
La manière dont nous traitons les chevaux, est le reflet de ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes.
L'histoire des poulains est très différente de celle de Rocky. Elle est construite autour d'une unité naturelle. L'histoire de Rocky quant à elle, est le fruit d'une succession de bons procédés.
Le 27/11/09 à 14h00
Festival de Groboz !
L'édition 2010 qui doit nous conduire aux portes du désert, sera l'occasion de renouer avec l'idée première du festival de Groboz, le festival du rock et du cheval. Grace à une rencontre avec le groupe guitare du désert du Malien Ibrahim Djo, étoile montante de l'école Tinariwen.
Pour comprendre les racines de cette musique du désert, Il faut revenir 20 ans en arrière. Keddu Ag Hossad, partant à l'assaut du poste militaire malien de Menaka près de la frontière nigérienne, une kalachnikov à la main, une guitare électrique dans le dos.
Cette offensive du 30 juin 1990 sera l'amorce de la seconde rébellion touareg qui durera 3 ans et fera des milliers de victime.
Pendant le conflit, Tinariwen va assumer une fonction "double lame", maquisards engagés dans la lutte de libération de la région de l'Adrar des Ifoghas, au nord du Mali.
Si la maîtrise de l'espace a toujours découlé du contrôle des ressources d'eau, le verbe s'est quant à lui constamment abreuvé de métaphores et d'élégies. Comme si vivre dans cette immensité désolée exigeait que l'on étanche deux soifs plutôt qu'une, celle du corps, celle de l'âme.
Tinariwen est le produit de ce monde, né de la prouesse d'une langue chantée et du verdict des armes ; aussi sûrement que nos chevaux sont les reflets de son effondrement. Une série de catastrophes écologiques a eu raison d'un mode de vie ancestral reposant sur le nomadisme pastoral.
Avec la civilisation du méhari menacée de disparition et une paix, signée en 1992, au goût amer, les chansons de Tinariwen portent le deuil de l'épopée des tribus sahariennes, et s'efforcent de deviner le futur des générations qui doivent leur survivre.
La friction entre ce glorieux passé et un avenir incertain profite ainsi à l'embrasement de textes et de musiques dont l'esprit et la structure évoquera pour beaucoup le blues des origines.
Sans doute parce que l'origine du blues se situe précisément dans cette région située de part et d'autre de la boucle du fleuve Niger. Ce blues de l'homme bleu fixe les sédiments de l'Histoire, récente et lointaine, d'une nation oubliée. Mais aussi des éléments musicaux traditionnels typiquement sahariens passés au filtre de la modernité par une instrumentation électrique, notamment les guitares, beaucoup de guitares.
Pourtant pareille conjugaison n'aboutirait probablement à aucune vérité artistique si le destin personnel de chacun des acteurs de cette aventure n'y apportait son grain d'exil, de tragédie, de sublimation.
Tinariwen s'accommode de tous les fantasmes qui trainent sur la vie nomade et les peuples du désert. Des musiciens célèbres se sont pris d'intérêt pour le groupe. Robert Plant, Carlos Santana ont partagés la scène avec eux. Le groupe a ouvert un concert des Rolling Stones, à Glastonbury, en Angleterre. Herbie Hancock vient de l'inviter pour un enregistrement en studio. Ils font partie de ces artistes dits des « musiques du monde », qui ont su gagner la sympathie du public rock. En 2001, ils jouaient aux Transmusicales de Rennes et plus récemment aux Vieilles Charrues.
Tinariwen a suscité un intérêt pour la musique touarègue, peu exposée auparavant à la scène internationale, où elle était essentiellement transmise à travers le chant lancinant des femmes du groupe Tartit, de la région de Tombouctou (à la cité de la Musique, à Paris, le 12 février, avec Tinariwen). D'autres groupes touaregs, du Mali ou du Niger, sont apparus, tels Terakaft, Guitare du désert.
Au-delà de cette attraction, les membres de la famille Tinariwen ne veulent pas perdre de vue l'essentiel: la défense de la culture tamasheq et de ses terres. Une cause qui hier leur a fait prendre les armes, et aujourd'hui les maintiens en éveil.
La similitude avec nos chevaux des « équitations du monde » ne s'arrête pas là.
Le 27/10/09 à 14h00
Leçon de cheval !
Phénomène rare chez un cheval, Vadia est née en janvier! Elle s'est retrouvée de ce fait, isolée au moment du sevrage.
Pour la première fois à Groboz, nous avons du tenter la réintroduction d'une pouliche seule dans le groupe familial.
Qu'avons-nous observé ?
Un rejet net de Ghafel son père qui n'en veut plus dans son groupe.
Pourquoi le même cheval entier qui a accepté la réintroduction de deux poulains et de deux pouliches en 2007 et de deux poulains en 2008, refuse la réintroduction d'une pouliche seule en 2009 ?
Nous allons tenter d'y répondre !
La structure sociale des chevaux libres se caractérise par des relations durables entre étalons et juments.
La population se compose de groupes familiaux qui rassemblent un étalon avec ses juments et leurs poulains et de groupes de jeunes étalons célibataires.
Les poulains et pouliches qui naissent dans un groupe familial y restent 2 à 3 ans. Ils ont ainsi l'occasion de créer des liens sociaux.
La rivalité qui s'installe avec la maturité sexuelle, ne fait pas de place aux chances des poulains mâles de prendre l'ascendant sur leur père. Les poulains vont alors migrer à plusieurs, loin du groupe familial.
Les jeunes étalons ont au gré des combats, une espérance de vie inférieure à celle des pouliches. Les jeunes juments sont intégrées dans un groupe familial déjà existant.
Ainsi, par ce départ du groupe de naissance au moment où les jeunes chevaux sont physiologiquement aptes à la reproduction, les accouplements incestueux sont évités.
Et ils le sont à long terme ! En effet, les chevaux gardent en mémoire l'identité des congénères qu'ils ont côtoyés plusieurs années :
Si un étalon est mis à l'écart de son groupe familial juste avant la naissance de ses petits et qu'il y est replacé quelques années plus tard, il ne reconnait pas ses pouliches comme ses filles et peut se reproduire avec elles (expérience menée sur les chevaux de Camargue de la Tour du Valat).
La vie de famille est donc indispensable pour éviter l'inceste.
Lorsque les étalons et juments ont la possibilité de former des liens sociaux sur plusieurs années, ils évitent de préférence de se reproduire avec un membre de leur famille.
Ainsi, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les chevaux ont une tendance naturelle à éviter de concevoir des poulains fortement consanguins.
Il est probable que Ghafel ait reconnu sa fille Vadia lors de notre tentative contre nature de réintroduction.
Le 27/09/09 à 14h00
Regard !
J’ai toujours aimé l’automne ! Je n’ai jamais su pourquoi au juste . Je l’associe à la rentrée des classes. La rentrée des classes pour nous à Groboz, c’est le festival... La prairie est lumineuse à l’heure où les premières voitures se garent, en descendent les premiers spectateurs. Je ne sais pas ce qu’ils viennent chercher, je sais ce que j’aimerais qu’ils y trouvent...
Pendant tout le week-end, Je cherche à percevoir l’intérêt suscité et puis je tombe par hasard, sur ces deux photos : Il y a le papa que je suis et la petite fille que j’ai vu grandir, ils regardent dans la même direction, le bonheur n’est pas de montrer la voix à son enfant, mais de partager le rêve naissant de son enfant...
Il y a le regard du cow-boy qui se rend compte que sa vie se transmet et peut susciter d’autres vocations. Heureusement la diversité des équitations du monde est là pour nous rappeler à quel point le fil qui unit les civilisations et leurs montures, n’a ja--mais été rompu. Nous ne reviendrons jamais en arrière, Dieu merci, mais nous devons changer notre regard, notre conscience pour vivre mieux. Et voici que tous ces chevaux du monde entier, cette infiniment densité de races revivent, se diffusent, conquièrent de nouveaux espaces ! A nous de lire dans cet être magnifique et continuer à unir son destin au notre. Les évènements que nous auront su créer, attesteront de la multiplicité des cultures équestres, de la beauté des peuples cavaliers, qui continuent, partout à travers le monde, de vivre et de vibrer à travers leurs chevaux.
Le 27/08/09 à 14h00
Festival de Groboz !
L'autre jour, quelqu'un m'a parlé de l'an passé: « Je suis restée sur mon nuage toute la semaine ! »
Ce que j'ai aimé, c'est que nous n'avons même pas évoqué ce qui avait bien fonctionné, seul comptait l'émotion qui dure après.
Aujourd'hui, nous avons l'embarras du choix pour meubler nos week-ends. Pourtant, N'y a-t-il pas d'autres loisirs à inventer ?
Notre rôle d'organisateur ne doit pas se limiter à la mise en scène d'un spectacle avec comme seul soucis de répondre aux attentes des consommateurs que nous sommes. Le sens que nous aurons su (où pas) donner à nos activités, aura pour conséquence de créer un capital émotion dans le public.
L'important, c'est de donner un sens aux actions que nous entreprenons. Cela n'est pas nouveau, mais aujourd'hui cela devient excessivement difficile. Pourtant, Comment faire pour mettre en scène nos émotions ?
L'émotion que nous cherchons à partager doit être privilégiée. C'est la seule chose qui doit animer chaque membre de l'organisation du festival. Le public ne doit pas être cantonné au rôle de spectateur, mais être mis au coeur de la fête. La fête ne doit pas être faite pour lui, mais par lui !
Voilà pourquoi la danse fera la part belle à l'initiation et le cheval sera mis en lumière sous l'angle de la complicité entre son destin et le nôtre, hier, aujourd'hui et surtout demain.
Nous voulons ouvrir de nouveaux horizons. A commencer par la semaine qui suivra et que nous ne souhaitons pas tout à fait comme les autres pour celui où celle qui nous aura fait le plaisir de venir.
Le 27/07/09 à 14h00
Paul Ricard !
Le chemin semble interminable et achève de donner à l'événement, la dimension gigantesque d'un rêve de gosse. Je revois chaque panneau publicitaire, les premiers camions aux couleurs des formules 1 qui ornent les murs de ma chambre. Plus tard, j'apprendrai que le circuit est l'oeuvre d'un homme qui savait en le créant qu'il créerait quelque chose à la hauteur d'un rêve de gosse.
Paul Ricard, qui aurait eu cent ans ce mois de juillet, est décédé en novembre 1997. Il a laissé derrière lui une entreprise de tout premier plan, mais surtout un esprit, empreint d'humanisme, que perpétuent à merveille ses cinq enfants.
Patrick, président du groupe Pernod-Ricard, Bernard, Danielle qui fût l'épouse du torero César Gijon, Béatrice, et la benjamine, Michèle, qui a hérité du domaine de Méjanes en pleine Camargue : 670 hectares achetés jadis, aux sucreries Saint-Louis de Marseille, dont 150 hectares de l'étang de Vaccarès.
Bon nombre des collaborateurs de Paul Ricard ont échappé au STO, après s'être réfugiés dans ce domaine que le brillant capitaine d'industrie convertit dès le début de la seconde guerre mondiale, en une authentique ferme agricole.
Superbe, ce domaine touristique est aujourd'hui un laboratoire environnemental et un conservatoire des traditions camarguaises qui n'a pas son égal. Il reçoit, chaque année, 150 000 visiteurs en quête d'authenticité.
Il a son équivalent sur l'île des Embiez dans le Var, l'équivalent pour la préservation océanographique, veillant à la protection des fonds sous marins. On retiendra également, parmi le patrimoine familial ou sociétal, l'île de Bendor, la presqu'île de Cassis ou le château Sainte-Marthe à Marseille. Le circuit pour faire rêver les gosses a été cédé depuis.
Toutes ces oeuvres ont un point commun, celui d'être tournées vers et pour le public. Paul Ricard s'identifiait à cette Camargue, terre qui se mérite, tour à tour dure où tendre mais toujours généreuse et hospitalière.
Le 27/06/09 à 14h00
Chambres d'hôtes !
En France comme ailleurs, l'expérience du cavalier s'enrichit de l'univers des « hommes de chevaux ». Qu'ils soient gardians de Camargue, écuyers de l'école portugaise, wranglers du Montana, explorateur en Patagonie, ou chuchoteur au Drakensberg, ils partagent un savoir-faire et une maîtrise qui tend à l'osmose entre le cheval et son cavalier.
Pour nous à Groboz, le voyage ne s'arrête jamais. Parce que l'éveil, la curiosité, le désir de connaître, de nous émouvoir, de découvrir, empruntent aussi d'autres voies que celles du déplacement. Cet état de voyageur permanent, nous le devons à nos lectures, aux musiques, aux expositions, aux goûts d'une cuisine traditionnelle. En un mot, à cette culture liée à l'ailleurs, immense et si productive ces dernières années.
Ecrivains, peintres, cinéastes, musiciens, photographes, scientifiques, tous nous ramènent du monde un voyage généreux, puisque, au retour, ils n'ont de cesse de nous le faire partager. Son, écriture, photo, peinture, cinéma! ces territoires de l'émotion et de la connaissance ont, eux aussi, leurs « campements », traduisez leurs lieux d'accueil.
Le jour où nous avons découvert Groboz, nous avons su? Cet endroit fait partie de ces endroits qui ne trichent pas ! Qui vous donnent, mais qui vous transporte avec leur générosité. Avant de connaître Groboz, notre objectif était de vivre au milieu des chevaux, égoïstement. Puis l'envie s'est voulue plus exigeante avec son besoin de partager.
Nous avons beaucoup reçu des autres. Comment pouvons nous partager à présent? En recevant justement dans cet endroit d'accueil. Dès notre arrivée en 2003, nous avons lancé le projet chambres d'hôtes. Trop vite sans doute, la vie c'est aussi çà ! un cortège d'imprévus comme l'éventualité de la construction d'une ligne TGV.
Aujourd'hui ! Il est temps de repartir pour un deuxième départ. Le monde change et change vite, avec un paysage nouvellement façonné et des besoins de sociétés différents. S'adapter ne signifie pas renoncer à ses rêves. Donc dès le verdict connu, il sera temps de repartir pour un deuxième départ dans la réalisation des chambres d'hôtes. Nous vous ferons vivre chaque étape de l'aventure !
Le 27/04/09
Doute !
Nous avons conscience du besoin de renouveler nos juments et souhaitons un maximum de naissances en pouliches. Pourtant les choses ne tournent pas toujours comme on l'imagine. En période de poulinage, je me lève à 06h00 et avant même de déjeuner, je file dans la prairie de l'élevage. Il y a quelques jours, j'aperçois en lisière de bois une tache blanchâtre à coté de Djamila avec un mauvais pressentiment. J'accélère le pas et trouve la poche avec le poulain prisonnier à l'intérieur. Je la crève sans illusion ! Le poulain est déjà mort, noyé ! il n'a pas pu crever lui-même la poche.
Pourquoi ?
Dans ces moments là ! Vous doutez de l'utilité de tout çà ! Le désespoir vous envahit et vous doutez de votre vocation durant quelques minutes. Puis vous puisez en vous quelques ressources et enclenchez sur une chaine d'opérations qu'il faudra de toute manière exécuter: Remonter le poulain et la mère, appeler le vétérinaire pour la délivrance (dans les situations à problème, la règle d'or est de ne plus rien laisser au hasard), appeler l'équarrisseur, et puis enchainer sur la journée de travail avec les rendez vous (dont ceux du début qu'il va falloir recaser).
Heureusement, je peux compter sur Edmond et puis les enfants qui comprennent ce genre de situation bien avant les copains de leur âge. Non seulement ils ne loupent pas l'heure du car pour l'école, mais ils sont solidaires, s'occupent de la maison et trouvent les mots qui vous redonnent espoir. Martin (6 ans) : "Maman ! Regarde tous ceux qu'on a déjà!"
Maintenant, il faut décortiquer froidement ce qui s'est passé, aller au bout du bout au risque de s'enfoncer le couteau au plus profond de la plaie (il s'agissait d'une jolie pouliche porteuse d'espoir pour l'élevage), je souffre plus encore (est-ce-possible ?), Il faut décortiquer froidement ce qui s'est passé, je disais donc ! Voir la cause, l'analyser et la replacer dans notre philosophie d'élevage. Dans certains élevages, il y a des caméras vidéo qui permettent à l'éleveur de suivre la jument depuis son lit et d'intervenir dans les dix minutes dès le début du poulinage. Je comprends, je ne juge pas. Je nous remets en cause pour assumer nos choix d'élevage qui ont par certains cotés des faiblesses: A Groboz, nos méthodes d'élevage sont inspirées de l'observation du cheval dans son environnement naturel.
Je transforme ma révolte en gratitude. J'en profite pour remercier Edmond (celui qui a créer l'élevage il y a plus de vingt ans) qui s'est réveillé plusieurs fois durant plusieurs nuits par moins dix degré et permettre à Vadia de naître cet hivers dans des conditions naturelles qui ne l'auraient pas permis. Nous aurions accepté que Vadia ne survive pas, nous n'acceptons pas que cette pouliche qui est née dans des conditions idéales (pas de pluie, pas de vent, onze degré) Pourquoi voulons nous tout maîtriser ? Et si tout simplement ce poulain était faible et qu'il n'avait pas sa place parmi nous, parce que la nature ne s'encombre pas de notre sensibilité, parce que notre aide lui aurait permis de survivre combien de temps ? Et pour quelle existence misérable?
Nadine
Le 27/03/09
La saison de monte!
Dans la nature, les poulinages ont lieu au printemps. Le cycle de la nature prévoit que les naissances aient lieu à la période la plus favorable pour la survie du poulain. Ce phénomène est très net dans la race Barbe. En effet, les Barbes originaires de régions au climat rude : il est essentiel pour la survie de l'espèce que les poulains ne viennent au monde que lorsque les conditions climatiques sont suffisamment clémentes et que la qualité de l'herbe est suffisante pour assurer l'alimentation de la mère en lactation.
Idéalement, la naissance doit donc se situer entre la fin du printemps et le début de l'été. C'est pourquoi l'ovulation est étroitement liée à l'ensoleillement. Dans l'espèce équine, on assiste à un ralentissement et un arrêt de la gamétogénèse entre la fin de l'automne et le début du printemps. La reprise est déclenchée par la photo période (durée de l'éclairement par 24 heures). Dans certains haras de chevaux de course, on place les juments sous lumière artificielle afin de hâter l'apparition des chaleurs et permettre de faire naître des poulains très tôt dans l'année.
Officiellement, dans les Haras Nationaux, la saison de monte s'étend du 15 février au 14 juillet. Dans notre désir de maîtriser les éléments précédemment cités, nous engageons des processus d'élevage pour éviter des désagréments dans notre organisation quotidienne. Il est sage par exemple, d'isoler systématiquement l'étalon du troupeau au plus tard le premier août.
A Groboz, nos méthodes d'élevage sont inspirées de l'observation du cheval dans son environnement naturel (sans l'introduction de la main de l'homme). Ainsi, vous verrez toujours l'étalon au milieu de ses juments. On privilégie l'équilibre mental du cheval quitte à ne pas se faciliter la vie dans un premier temps. Par contre sur la durée, nous gagnerons du confort et du temps avec la manipulation de chevaux équilibrés dans un milieu qu'ils n'appréhendent pas!
Par exemple, notre étalon et ses juments pourront aisément s'accommoder de la venue de nouvelles juments présentes pour être saillies. Plus besoin de monte en main et de timing serré avec de nombreux déplacements pour faire saillir une jument de l'extérieur, vous la laissez un mois où deux en pension au sein du groupe, son intégration dans le groupe se passera facilement du fait de la sérénité de chacun de ses membres.
Nadine
Le 30/01/09
Objectifs!
Il y a deux types d'évènements qui peuvent se produire: ceux qu'on avait prévu et ceux qui vous tombent dessus. Groboz n'échappe pas à la règle.
L'assimilation de la formation du travail en selle pour les poulains nés en 2007, Taous, Tarik et Thiyya, est programmée dès le début de l'été. L'anticipation du renouvèlement des juments de l'élevage a très bien débuté puisque le 05 janvier est née Vadia. Nous avons besoin de quatre hectares supplémentaires de prairie. Une convention d'exploitation devrait être signée pour deux hectares avec la société d'autoroute en bordure de propriété. Le taillis est malheureusement trop âgé et ne peut être convertis en prairie, c'est en production de bois en plaquettes pour chaudières polycombustibles qu'il devrait trouver sa raison d'être et participer au programme de développement durable dans lequel Groboz est impliqué. Pour la prairie, nous devrions récupérer un hectare de la ferme, de bois et taillis destiné à l'origine au bois de chauffage. La première édition du festival du rock et du cheval verra le jour le premier week-end de septembre dans sa forme définitive. L'éclairage de la stabulation devrait être réalisé pour le travail de nuit, l'automne prochain.
Et puis, il y a les évènements dont nous n'avons pas la maitrise: La décision finale sur le tracé de ligne TGV devrait intervenir à la fin du premier semestre. Nous faisons confiance à l'ensemble des acteurs, élus, riverains des différents tracés, pour faire le choix le plus juste. Quant à nous, nous prendrons nos responsabilités... Un autre ouvrage, beaucoup moins spectaculaire celui-là, l'enfouissement de la ligne électrique moyenne tension qui alimente le hameau, devrait être réalisé autant pour l'esthétisme du paysage que par soucis d'économique à long terme dans l'hypothèse de tempêtes décennales récurrentes.
Nadine
Le 29/11/08
Sevrage !
Ce matin, nous sevrons nos poulains de l'année. Le sevrage est une étape naturelle dans la vie d'un cheval, mais il induit toujours une crise physiologique et psychologique qui sera d'autant mieux tolérée que le sevrage aura été bien préparé.
Le sevrage brutal:
C'est la méthode classique, qui reste la plus employée. Il consiste à séparer définitivement le poulain de sa mère. Le poulain est enfermé seul ou avec d'autres poulains de son âge.
Le sevrage progressif:
C'est la méthode qui se développe. Le poulain est sorti du groupe de chevaux durant deux heures puis remis au pré avec sa mère. L'opération est répétée les jours suivants, en augmentant progressivement la durée des séparations. Avant de passer à une séparation complète qui sera ainsi mieux supportée.
Dans la nature, le sevrage s'éffectue de lui-même: le poulain tète de plus en plus rarement, et ne cessera totalement de le faire que lorsque sa mère aura un autre poulain, au printemps suivant. Les poulinages ayant lieu au printemps, la jument ressaillie le mois suivant sera pleine de cinq ou six mois à l'entrée de l'hiver où elle devra affronter à la fois les intempéries, les fatigues de la gestation et celles d'une lactation "de luxe".
Les poulains de races primitives comme le Barbe, deviennent autonomes relativement tôt. Dans le désert, la nécessité de parcourir de grandes distances pour découvrir l'eau ou l'herbe exige que les jeunes soient plus vite adultes.
A Groboz, nos méthodes d'élevage sont inspirées de l'observation du cheval dans son environnement naturel (sans l'introduction de la main de l'homme).
Nous laissons les poulains dans la prairie d'élevage et ce sont les juments et l'étalon qui sont transférés dans une autre prairie durant le mois de décembre. La particularité du sevrage à Groboz réside dans le fait que nous remettons tout le monde ensemble en janvier dans la prairie d'élevage pendant trois mois. En effet, le poulain est alors sevré mais il continue sont apprentissage de la vie du groupe tel qu'on le trouve à l'état naturel.
Nadine
Le 19/11/08 à 14h00
Débourrage !
Novembre est traditionnellement le mois des salons et des rendez-vous. Cet après midi, j'ai quelques appels à donner pour tenter de réunir les uns fédéraux et les autres puristes de l'équitation western qui devrait faire l'affiche de la première édition du festival.
Ce beau jour qui pourrait être un des derniers de l'année, me pousse dehors! A moins que ce soit pour profiter du spectacle... J'aime volontier m'égarer à regarder Nadine et Marie quand elles travaillent les poulains.
En novembre, ils sont répartis en trois groupes:
Un pour les poulains de dix huit mois.
Un pour les pouliches de dix huit mois.
Un pour les poulains et les pouliches de six mois qui sont encore avec leurs mères.
A six mois, un poulain supporte le licol et est capable de rester à l'attache.
A dix huit mois, il est capable de: venir quant on l'appelle au pré, se déplacer en longe et seul sur une route, monter dans un van, donner ses pieds, travailler en longe aux trois allures.
Mais je m'égare de mon emploi du temps. L'idéal pour l'amour du cheval, serait d'organiser un festival du rock et du cheval où toutes les équitations seraient représentées au fil des éditions, dans leurs plus pures traditions, sans concurrence et dans une seule fédération.
Le 26/10/08 à 16h00
Couleurs d'automne !
Pour ce rendez-vous avec la lumière d'automne, le pays a revêtu la palette des rouges et jaunes. La terre s'unit aux feuilles humides pour embaumer. La brise caresse la peau.
Nous sommes aux pommes !
Aussi loin que mes souvenirs remontent, j'ai toujours aimé cette saison. Peut être parce que c'est elle qui aiguise le plus les sens.
Qui ne se souvient pas de l'odeur des cartables neufs, le jour de la rentrée ?
Le 11/10/08 à 09h00
Projet LGV Rhin Rhône !
Suite au journal du 30/09/08, certains d'entre vous nous contactent pour connaître l'avenir de Groboz!
Groboz est un patrimoine vivant qui répond à petite échelle, à des enjeux majeurs pour le développement de la société .Autour de nous, il y a des vocations semblables à la notre. Toutes ont quelque chose en commun, elles sont conçues autour de l'idée qu'elles doivent durer. Pourtant, remettre en cause leur avenir est envisageable dans le cas où l'intérêt collectif est supérieur.
Loin des sentiments que nous pouvons éprouver, la seule question qu'il faut se poser est:
Est-ce que l'intérêt collectif de la ligne à grande vitesse Rhin Rhône secteur sud, est supérieur aux intérêts particuliers et collectifs qui seraient anéantis où réduits suite à sa construction, Groboz y compris ?
Alors il faudra accepter la décision qui sera rendue à l'automne 2009 et voir Groboz disparaître.
Depuis le début de l'année, la vie à Groboz continue comme si de rien n'était. Seuls les travaux des deux chambres d'hôtes dans le bâtiment de four, sont suspendus jusqu'à l'automne 2009.
Le 30/09/08 à 20h00
Projet TGV Rhin Rhône !
"Arrêtez d'être fatalistes! dites leur Non! On ne veut pas de votre TGV!"
Cà y est, nous y sommes... Nous l'avions prévu en préparant la réunion publique de ce soir, ce type de réaction est devenue commune.
Pourtant Groboz est touché de plein fouet par ce projet, par le progrès... J'ai le coeur serré, mais ma préoccupation est ailleurs...
Dès le début de l'été, j'ai alerté notre conseiller général sur la nécessité de fédérer nos concitoyens autour de l'état de droit, seul capable de préserver l'unité pour accompagner le développement:
Nous devons nous rendre à une évidence. Les mentalités ont évolué imperceptiblement depuis trente ans. A l'état de droit c'est peu à peu substitué, l'état providence...
Le 16/09/08 à 09h00
Vivre tout simplement!
"Alors ton festival! Il a été annulé à ce qui parait... Vous n'avez pas eu de chance avec le temps!"
Ces quelques mots résument la vision que nous avons de notre existence...
Le plus souvent, les évènements se succèdent les uns aux autres. On est dans celui qu'on vit, en attendant le suivant. A ce rythme, chaque évènement est destiné à meubler son temps...
Dans certains cas, il y a une catastrophe pour meubler la conversation qui devient à elle seule un évènement.
Et puis çà sert à quoi un festival? Cà rapporte quoi?
Vivre tout simplement!
Et même subsister pour les plus modestes d'entre nous.
Aujourd'hui, nous prenons à nouveau conscience qu'il faut créer de la richesse pour vivre! Pour créer de la richesse, il faut l'enthousiasme de chacun.
L'enthousiasme ne naît que des histoires d'amour que l'on est capable de provoquer.
Nos chevaux, comme notre goût pour un art, ont besoin de s'exprimer dans des évènements que nous aurons voulu où pas.
L'annulation d'un évènement n'est pas insignifiante, elle ne concerne pas que les quelques centaines de spectateurs attendus. L'annulation d'un évènement, c'est avant tout se résigner à laisser nos sensibilités rester lettres mortes.
Il y a ceux qui se sont mouillés. Il y a ceux qui ont osé un nouveau programme improvisé, sans attendre de matériel supplémentaire, uniquement par passion. Il y a ceux qui ont osé décevoir ce public prédisposé à meubler la conversation du lendemain...
Cette attitude que vous avez adopté pour ce numéro zéro, sera le pilier majeur du festival du rock et du cheval...
Le 04/09/08 à 19h00
Festival de Groboz!
Jeudi à 19h00, Patrick n'est pas venu nous saluer tout de suite. Il est descendu de voiture et a filé en direction de la carrière.
"C'est jouable!". Ses yeux brillent.
Nous revenons de loin, il s'est abattu depuis deux jours l'équivalent d'un mois de précipitations sur la région de Bourg en Bresse.
La décision de poursuivre le show western n'en revenait qu'à lui seul.
Vendredi est un régal, le vent du sud souffle et ne semble pas fléchir. Le sentiment est celui que l'on ressent quant on va retrouver pour un premier rendez-vous, une fille qui a fait chavirer votre vie la veille.
Plusieurs fois dans la nuit, je me relève en espérant que le vent du sud qui a faiblit avec la tombée de la nuit ne arrête pas.
Samedi à 05h00, je n'aurai pas ce loisir, j'entends depuis mon lit la pluie tomber.
Toute la matinée, le sentiment est terrible, entre l'espoir que çà cesse, là maintenant! alors que çà sera récupérable et l'envie de se résigner pour passer à autre chose, plutôt que ressasser tout le travail de ces derniers mois qui ne fera jamais rêver, pas même un enfant.
A midi, nous devons prendre la décision d'annuler le show western de cet après midi. Le sol de la carrière ne supportera pas une nouvelle journée de pluie! Nous avons de plus le loisir de le faire car nous avions communiqué dans la presse un numéro de téléphone à contacter si la météo est incertaine.
La question de l'annulation de la soirée rock est plus difficile à prendre.
Nadine veut que l'on continue, Olivier ne le souhaite pas, nous décidons finalement de remplacer la soirée rock par une soirée line danse.
Il sera plus facile sur ce type de spectacle de tirer parti de la réduction du public par l'annulation du show western.
Tout çà ne gomme pas la déception, car ce n'est plus l'esprit du festival...
Dimanche matin, nous décidons de vivre chaque instant avec intensité sans attendre rien de la prochaine demi-heure.
A 11h00, tout c'est mis en place sans que l'on s'en rende compte et le site est conforme aux divers arrêtés préfectoraux.
Carol prend le micro et lance l'ouverture de la fête de Groboz, le public est là! et pas comme on a l'habitude de le voir! chacun semble s'approprié quelque chose de la fête et c'est peut être là que réside le point de départ de l'esprit du Festival de Groboz.
Le 30/08/08 à 11h30
Festival de Groboz!
Novembre 2002, çà fait presque un an que l'on cherche une ferme pour vivre au milieu des chevaux. J'ai rendez-vous pour la visite d'une ferme Bressane à vendre. Le chemin goudronné ne laisse rien présager de particulier, pas plus que les trois bâtiments typiques. Nous contournons le bâtiment principal et là, alors que toutes les préoccupations d'usage en pareils circonstances, auraient du m'accaparer, je suis intrigué par la galerie ouest du bâtiment principal. Les niveaux, les pentes, à moins que ce soit ce patrimoine vieux du dix huitième siècle, l'ensemble laisse entrevoir, au travers des moellons, un décor de théâtre.
Les mois passent, la vie se construit, autour des chevaux, comme prévu. Peu à peu apparaît le besoin de donner du sens à leur vie avec nous. Comme avant, il y avait du sens pour les gens à les utiliser pour vivre. Les chevaux ne se suffisent pas à eux-mêmes, il faut les mettre en résonance avec la culture et le patrimoine.
Juin 2007, un soir de fête de la musique à Lyon, je parviens à associer les trois éléments du puzzle :
Un patrimoine, un rôle pour les chevaux et un groupe de rock qui rencontre son public.
Ce soir là, naît l'idée d'un festival.
Le week-end des 06 et 07 septembre, le festival du rock et du cheval va vivre son premier rendez-vous, sous la forme d'une fête.
Septembre 2009 verra la première édition du Festival de Groboz sous sa forme définitive, en fonction des enseignements recueillis cette année.
Le 14/08/08 à 11h30
Camargue!
En fin de matinée, je regarde Nadine et les enfants s'éloigner en direction du phare de la Gacholle.
Il pleut et nous avons mangé dans la voiture.
J'enclenche la marche arrière et m'aventure sur leurs traces en improvisant une manière de conduire propice au franchissement des cratères creusés par les intempéries. La technique consiste à ne jamais aborder de face la crête mais de coté à la manière d'un skieur en slalom.
Marie n'est pas étonnée de me revoir!
- C'est une bonne idée Papa! Je crois que çà aurait été trop dur pour Martin... Il n'a que cinq ans!
Heureux de ce soutien, je trouve que la randonnée de 15 km au lieu des 18 Km initialement prévus, a bien meilleur allure.
Après avoir laissé la voiture aux Saintes, j'opère la jonction par l'autre coté de la digue à la mer, à l'endroit prévu. Martin a parcouru 8 Km en moins de deux heures.
Nous passons une partie de l'après midi, pratiquement seuls, sur une plage de 1 500 Ha.
Sur la deuxième partie, nous rencontrons des chevaux et là: Martin nous explique qu'il s'agit de juments. Les arguments du petit bonhomme ne manquent pas d'attirer l'attention du groupe de cavaliers et la proposition pour lui de continuer le parcours à cheval.
Après avoir gagné quelques Kilomètres au début de la randonnée, Martin se paye un autre répit dans la traversée de la Camargue entre mer et Vaccarès. Nous le récupérerons dans la soirée sur la route de Cacharel.
Le 26/07/08 à 20h30
La cause animale!
Le halo de lumière des projecteurs donne à la scène encore plus de relief!
Sur la carrosserie de la berline de luxe, quatre verres et une bouteille de pastis, ultime parfum du midi pour accompagner les chevaux qui ne sont pas de race camarguaise mais Lusitaniens.
Comme le midi de la France, comme toutes ces régions fascinantes qui cultivent le goût, l'envie, ..., et souvent l'amour des chevaux, grâce à la conviction que nos vie passent mais que le sens que l'on leur donne reste...
Le Portugal est à l'honneur ce soir à la féria de Marboz.
Là au pied des arènes érigées pour la circonstance, cinq entiers Lusitaniens sont alignés le long d'un camion immatriculé dans les Bouches du Rhône.
Cinq chevaux dont le halo de lumière mais en relief leur allure, mais c'est dans leur regard que l'on puise toute l'amplitude de leur vie.Vie rendue possible par l'amour de leurs propriétaires.
Plus tard dans les tribunes, des gens semblent percevoir cette différence par rapport aux multitudes de spectacles qui nous sont habituellement donnés à consommer.
J'ai une pensée pour ceux qui lutte contre la corrida. La puissance de leur engagement est du même tonneau que celle qui anime nos passions ancestrales, car elles viennent toutes deux du c?ur.
La cause animale a besoin de toutes les forces, même si elles sembles contradictoires de premier abord.
Sous peine à terme de faire de chaque combat un chemin qui conduise à devenir des Ayatollah de la cause animale.
Le 12/07/08 à 17h00 :
Nous négocions les lacets de Saint Just les uns après les autres.
Nous nous aventurons à remonter le temps! Il y a... seize ans déjà.Je sillonnais le même paysage avec Catherine cette fois et nous venions de te laisser sur le parcours du TREC de Grandris, avec le même enthousiasme pour les chevaux qu'aujourd'hui...
Nous avons rendez-vous avec Lauris que j'ai abondamment eu au téléphone à propos du tri de bétail qui doit figurer au programme du premier festival.
Ce "come back" nous amuse puis nous entraine au fil des mots sur nos passions, du mal dont on les rend coupables, sacrifiées sur hôtel de nos peurs.
Le panneau indique "Col de la croix de l'Orme 733m". Il est temps d'abandonner la voiture pour suivre l'itinéraire fléché qui doit nous conduire chez Nicolas et l'épreuve de tri de bétail qu'il organise...
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